Les règles ne sont pas un choix, et les dépenses associées non plus.

Gérer ses règles a un coût.

Un budget d’environ 10€ par mois, soit environ 4500€ à l’échelle d’une vie menstruée.¹
Le montant varie selon le flux, le type de protections et la durée des règles.

Ce n’est pas une dépense “confort” mais une dépense imposée par le corps.

Quand une dépense est biologique, répétée et inévitable, elle cesse d’être un simple achat : elle devient une question d’équité.

La précarité menstruelle, au détriment de la santé

En France, 1 femme sur 3 est concernée par la précarité menstruelle, notamment chez les jeunes².

Renoncer, c’est devoir improviser, et cela peut parfois conduire à prolonger le port d’un tampon ou d’une serviette au-delà de la durée conseillée.

Or, les recommandations sont claires : un tampon doit être changé toutes les 6 heures maximum pour limiter le risque de syndrome de choc toxique, une infection rare mais grave liée à certaines bactéries.³

La gestion des protections a (elle aussi) ses règles. Leur accès devrait suivre.

Les règles abondantes : quand le coût double

2 femmes sur 3 souffrent de règles abondantes, aussi appelées ménorragies⁴.

D’un point de vue médical, il s’agit de pertes de sang supérieures à 80 ml par cycle, dans la vie quotidienne, cela se traduit par des changements de protections très fréquents, parfois toutes les unes à deux heures.

Plus de flux signifie plus de protections et donc plus de dépenses.

Et au-delà du coût, cela signifie plus de fatigue, plus d’organisation, plus d’anticipation.

Des avancées réelles. Et un chemin encore à structurer.

En 2016, le taux de TVA appliqué aux protections périodiques est passée de 20 % à 5,5 %, les faisant entrer dans la catégorie des produits de première nécessité⁵.

Depuis 2021, des distributions gratuites ont été mises en place dans certaines universités pour les étudiantes en situation de précarité, une initiative ensuite reprise par d’autres collectivités.

Ces mesures sont importantes car elles traduisent une reconnaissance institutionnelle du sujet. Mais l’accès reste variable selon les territoires, les établissements, les ressources

Santé, dignité, égalité : même combat

Selon l’ONG Plan International France, une fille sur deux a déjà manqué à cause de ses règles en France⁶ : douleur, manque de protections, peur des fuites.

C’est un indicateur d’inégalité concrète.

Pouvoir gérer ses règles sereinement, en sécurité et sans pression financière, ce n’est pas un privilège.
C’est une condition de base pour participer pleinement à la vie sociale, scolaire, professionnelle.

Sources

1 – Rapport d’information de l’Assemblée Nationale sur les menstruations,13 février 2020, au nom de la délégation des droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Disponible sur : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/ega/l15b2691_rapport-information 

2 – Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. 28 mai 2025 : Journée mondiale de l’hygiène menstruelle. Disponible sur : https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/28-mai-2025-journee-mondiale-de-lhygiene-menstruelle 

3 – DGCCRF, Produits d’hygiène féminine : serviettes, tampons et coupes menstruelles, 2024. Disponible sur : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/produits-dhygiene-feminine-serviettes-tampons-et-coupes-menstruelles 

4 – Enquête RED par Ipsos BVA – Les règles abondantes, un phénomène massif, encore invisibilisé. 2025. Disponible sur : https://www.ipsos.com/fr-fr/les-regles-abondantes-un-phenomene-massif-encore-invisibilise 

5 –Le Monde, La baisse de la « taxe tampon » votée à l’Assemblée. Disponible sur : https://www.lemonde.fr/societe/article/2015/12/11/la-baisse-de-la-taxe-tampon-votee-a-l-assemblee_4829868_3224.html 

6 – Plan International, Lutter contre la précarité menstruelle. Disponible sur : https://www.plan-international.fr/se-mobiliser/je-relaye-les-campagnes/lutter-contre-la-precarite-menstruelle/ 

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